Un handicap, une évolution de santé ou une envie de changement peuvent amener à se poser la question de son avenir professionnel. Le bilan de compétences aide à y répondre de façon structurée. Voici son déroulé, ses financements et les points de vigilance pour choisir un prestataire adapté.
À quoi sert un bilan de compétences ?
Le bilan de compétences permet d'analyser ses compétences professionnelles et personnelles, ses aptitudes et ses motivations, afin de définir un projet professionnel ou un projet de formation. Il est ouvert à tous les actifs : salariés, demandeurs d'emploi, agents publics, travailleurs indépendants.
Pour une personne en situation de handicap, il prend souvent une dimension particulière. Il peut aider à :
- identifier les compétences transférables vers un autre métier après une restriction médicale ;
- concilier ses envies avec ses contraintes de santé, de fatigabilité ou de mobilité ;
- préparer un échange avec son employeur sur un aménagement de poste ou une évolution ;
- reprendre confiance après un arrêt long ou une période d'inactivité.
Les trois phases du bilan
Le bilan se déroule en trois phases successives, sur une durée de 24 heures maximum, généralement réparties sur plusieurs semaines.
1. La phase préliminaire
Elle permet d'analyser la demande et les besoins, de présenter la méthode et de définir les modalités du bilan. C'est le moment de parler des aménagements utiles : durée des séances, pauses, accessibilité des locaux, entretiens à distance, supports adaptés.
2. La phase d'investigation
C'est le cœur du bilan. Le bénéficiaire explore son parcours, ses compétences, ses valeurs et ses intérêts, à l'aide d'entretiens, d'outils d'évaluation et de recherches sur les métiers. Des enquêtes auprès de professionnels peuvent être proposées pour confronter le projet à la réalité du terrain.
3. La phase de conclusion
Elle permet de s'approprier les résultats, d'identifier les conditions de réussite du projet et de prévoir les principales étapes de sa mise en œuvre. Un document de synthèse est remis au bénéficiaire.
Un document de synthèse confidentiel
Les résultats du bilan appartiennent au bénéficiaire. Le document de synthèse ne peut être communiqué à un tiers, y compris l'employeur, qu'avec son accord. Cette confidentialité est importante pour les personnes qui ne souhaitent pas forcément évoquer leur handicap ou leur état de santé dans leur entreprise.
Comment le financer ?
| Financement | Pour qui | Points clés |
|---|---|---|
| CPF | Tout titulaire d'un compte | Initiative personnelle, possible hors temps de travail sans prévenir l'employeur |
| Employeur | Salariés | Dans le cadre du plan de développement des compétences, avec l'accord du salarié |
| France Travail | Demandeurs d'emploi | Sur projet validé avec le conseiller, éventuellement avec Cap emploi |
Les bénéficiaires de l'OETH profitent d'un CPF alimenté de façon majorée, ce qui facilite le financement d'un bilan. Le détail est présenté dans notre article CPF et handicap. Selon les situations, l'Agefiph peut aussi prendre en charge des compensations liées au handicap pendant le bilan.
Choisir un prestataire accessible
Le bilan de compétences doit être réalisé par un prestataire certifié Qualiopi pour pouvoir être financé par des fonds publics ou mutualisés. Au-delà de cette exigence, quelques questions aident à faire le bon choix :
- Accessibilité : les locaux sont-ils accessibles ? Les séances peuvent-elles se tenir à distance ?
- Adaptation : le consultant peut-il ajuster le rythme, la durée des entretiens, les outils utilisés ?
- Expérience : a-t-il déjà accompagné des personnes en situation de handicap ou en reconversion après une inaptitude ?
- Référent handicap : l'organisme en a-t-il un ?
- Méthode : quelle place pour les enquêtes métiers et les mises en situation ?
Un premier entretien, généralement gratuit, permet de vérifier que le courant passe avec le consultant. N'hésitez pas à en rencontrer plusieurs.
Bilan de compétences et reconversion
Le bilan n'est pas une fin en soi : il ouvre souvent sur une formation, une VAE ou une recherche d'emploi ciblée. Pour une personne qui doit changer de métier pour raison de santé, il s'articule avec d'autres dispositifs : conseil en évolution professionnelle (CEP, gratuit), accompagnement de Cap emploi, voire préorientation en ESPO sur décision de la CDAPH. Ces pistes sont détaillées dans notre article sur la reconversion professionnelle avec un handicap.
Le bilan peut aussi conclure qu'un maintien dans l'emploi est possible, moyennant un aménagement de poste ou une évolution interne. Dans ce cas, le document de synthèse aide à préparer l'échange avec l'employeur, le médecin du travail ou le référent handicap de l'entreprise, en s'appuyant sur des compétences identifiées plutôt que sur des limitations.
Si vous hésitez encore, commencer par le CEP permet de clarifier sa demande avant de s'engager dans un bilan complet.
À retenir : 24 heures maximum, trois phases, un document de synthèse confidentiel. Le bilan peut être financé par le CPF, l'employeur ou France Travail. Choisissez un prestataire Qualiopi capable d'adapter le rythme et les outils à votre situation.
Retrouvez l'ensemble des dispositifs dans notre rubrique Formation et handicap.
Questions fréquentes
Dois-je parler de mon handicap au prestataire ?
Ce n'est pas obligatoire, mais l'évoquer permet d'obtenir des aménagements et d'intégrer vos contraintes dans la réflexion sur le projet.
Le bilan peut-il se faire sur le temps de travail ?
Oui, avec l'accord de l'employeur, notamment lorsqu'il le finance. Financé par le CPF hors temps de travail, il ne nécessite pas d'accord.
Combien de temps dure un bilan ?
Au maximum 24 heures d'accompagnement, réparties le plus souvent sur quelques semaines selon le rythme convenu.