Formation

Apprentissage et handicap : un parcours ouvert et aménageable

Apprentissage et handicap : un parcours ouvert et aménageable
Photo : Unsplash

L'apprentissage permet d'obtenir un diplôme ou un titre professionnel tout en travaillant et en étant rémunéré. Pour les personnes en situation de handicap, le dispositif prévoit des règles plus souples et un accompagnement spécifique. Voici ce qu'il faut savoir avant de se lancer, côté apprenti comme côté employeur.

L'apprentissage, comment ça marche ?

Le contrat d'apprentissage est un contrat de travail qui associe des périodes en entreprise et des périodes de cours dans un centre de formation d'apprentis (CFA). L'apprenti est salarié : il perçoit un salaire, bénéficie des droits de l'entreprise (congés, protection sociale) et prépare une certification enregistrée, du CAP au diplôme d'ingénieur, en passant par les titres professionnels.

Un maître d'apprentissage, désigné au sein de l'entreprise, encadre le jeune ou l'adulte en formation et fait le lien avec le CFA. Ce trio apprenti, employeur, CFA est au cœur de la réussite du parcours, et il prend une importance particulière lorsque des adaptations sont nécessaires.

Pas de limite d'âge pour les personnes bénéficiant d'une RQTH

Dans le cas général, l'apprentissage est encadré par des limites d'âge. Cette condition ne s'applique pas aux personnes qui bénéficient d'une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Concrètement, un adulte qui souhaite changer de métier, reprendre une formation qualifiante après une longue interruption ou consolider ses compétences peut signer un contrat d'apprentissage, quel que soit son âge.

La RQTH est délivrée par la CDAPH, au sein de la MDPH. Si vous n'en disposez pas encore, il est utile d'engager la démarche en amont : elle ouvre aussi l'accès à d'autres dispositifs, comme l'alimentation majorée du compte personnel de formation.

Des aménagements possibles tout au long du contrat

Le handicap ne doit pas être un obstacle à l'obtention du diplôme. Plusieurs adaptations peuvent être envisagées, en fonction des besoins de la personne :

  • La durée : le contrat peut être allongé pour laisser plus de temps à l'acquisition des compétences.
  • Le rythme : l'alternance entre entreprise et CFA peut être organisée différemment, avec par exemple un temps de travail adapté ou des pauses supplémentaires.
  • Le matériel et le poste : logiciels spécifiques, mobilier ergonomique, aides techniques, accessibilité des locaux.
  • La pédagogie : supports adaptés, tutorat renforcé, interprétariat ou transcription selon les situations.
  • Les examens : des aménagements d'épreuves (temps majoré, assistance, supports accessibles) peuvent être demandés selon les règles propres à chaque certification.

Ces aménagements se construisent au cas par cas. Le plus efficace est d'en parler dès l'entretien d'inscription au CFA et avant la signature du contrat, afin que chacun sache ce qui sera mis en place.

Le référent handicap du CFA, un interlocuteur clé

Chaque CFA doit disposer d'un référent handicap. Son rôle est d'accueillir les apprentis concernés, d'identifier leurs besoins, de coordonner les adaptations pédagogiques et de faire le lien avec l'employeur et les partenaires extérieurs. Il peut aussi aider à monter les demandes d'aides ou d'aménagement d'examen.

N'hésitez pas à le contacter avant même de choisir votre formation : son retour sur l'accessibilité du centre et sur les aménagements déjà pratiqués est précieux pour faire un choix éclairé.

À retenir

  • Avec une RQTH, l'apprentissage est accessible sans condition d'âge.
  • Durée, rythme, matériel et examens peuvent être adaptés.
  • Le référent handicap du CFA est le premier contact pour organiser ces adaptations.

Les aides de l'Agefiph pour l'apprenti et l'employeur

L'Agefiph, qui accompagne l'emploi des personnes handicapées dans le secteur privé, propose des aides mobilisables dans le cadre d'un contrat d'apprentissage. Selon les situations, elles peuvent concerner :

  • l'employeur qui recrute un apprenti en situation de handicap ;
  • l'apprenti lui-même, par exemple pour faire face à des frais liés à son entrée en formation ;
  • la compensation du handicap : aménagement du poste, aides techniques ou humaines.

Les conditions et montants évoluent régulièrement : il est conseillé de vérifier les dispositifs en vigueur directement auprès de l'Agefiph ou d'un conseiller Cap emploi. Dans la fonction publique, c'est le FIPHFP qui joue un rôle comparable. Ces aides s'ajoutent aux dispositifs de droit commun prévus pour l'embauche d'apprentis.

Pour l'entreprise, recruter un apprenti bénéficiaire de l'obligation d'emploi contribue aussi à son taux d'emploi de travailleurs handicapés, ce qui constitue un argument supplémentaire à faire valoir.

Trouver un employeur : conseils pratiques

La recherche d'une entreprise d'accueil reste souvent l'étape la plus délicate. Quelques pistes pour la faciliter :

  1. Se faire accompagner : Cap emploi, aujourd'hui intégré au réseau France Travail, aide les personnes en situation de handicap dans leur recherche et connaît les employeurs engagés. Les missions locales accompagnent aussi les plus jeunes.
  2. S'appuyer sur le CFA : beaucoup de centres entretiennent un réseau d'entreprises partenaires et diffusent des offres.
  3. Cibler les employeurs engagés : les entreprises qui affichent une politique handicap, une mission handicap ou une démarche RSE sont souvent plus ouvertes et mieux outillées.
  4. Préparer son discours : parler de ses compétences et de sa motivation avant tout ; évoquer le handicap seulement si on le souhaite, en présentant les aménagements utiles comme des solutions concrètes et déjà identifiées.
  5. Penser aux structures adaptées : certaines entreprises adaptées accueillent aussi des apprentis et peuvent constituer une première expérience rassurante.

Si le projet professionnel n'est pas encore arrêté, un temps de réflexion préalable peut être utile, par exemple dans le cadre d'une démarche de reconversion professionnelle accompagnée.

Pour découvrir les autres leviers pour se former, consultez notre rubrique Formation et handicap.

Questions fréquentes

Faut-il informer son employeur de son handicap ?

Ce n'est pas obligatoire. En revanche, faire connaître sa RQTH permet de bénéficier des aménagements et des aides prévus, et à l'employeur de mobiliser les dispositifs qui lui sont destinés.

Peut-on faire un apprentissage après 30 ans avec une RQTH ?

Oui. Pour les personnes bénéficiant d'une RQTH, l'apprentissage n'est soumis à aucune limite d'âge, ce qui en fait un outil de reconversion pour les adultes.

Qui contacter en premier pour organiser les aménagements ?

Le référent handicap du CFA est le bon point de départ. Il travaille avec l'employeur et peut orienter vers l'Agefiph ou Cap emploi pour les aides complémentaires.