Des années de pratique en atelier, en entreprise ou en bénévolat constituent de vraies compétences. La validation des acquis de l'expérience (VAE) permet de les transformer en certification, et la reconnaissance des acquis de l'expérience (RAE) offre en ESAT une première étape accessible. Tour d'horizon des deux démarches.
La VAE, qu'est-ce que c'est ?
La VAE permet d'obtenir tout ou partie d'une certification (diplôme, titre professionnel, certificat de qualification) sur la base de son expérience, sans repasser par un cursus de formation complet. Le candidat démontre devant un jury qu'il maîtrise les compétences attendues.
Elle concerne toute personne ayant une expérience en lien direct avec la certification visée : activité salariée ou non salariée, bénévolat, mandat syndical ou électif, activité exercée en ESAT. Depuis la réforme, la VAE est accessible dès un an d'expérience en rapport avec la certification.
Ce qui a changé avec la réforme de 2022
La loi de décembre 2022 a profondément simplifié la VAE. Un service public, France VAE, sert désormais de guichet unique : le candidat y trouve l'information, choisit sa certification, est orienté vers un architecte accompagnateur de parcours et suit l'avancement de son dossier.
La réforme a également élargi le public : les proches aidants et les travailleurs d'ESAT peuvent s'engager dans une VAE au même titre que les salariés. Pour les personnes en situation de handicap, c'est une manière concrète de faire reconnaître des savoir-faire parfois peu visibles sur un CV.
Qui peut en bénéficier ?
- Les salariés d'entreprises adaptées, qui ont un contrat de travail de droit commun et accèdent aux mêmes dispositifs que tous les salariés.
- Les travailleurs d'ESAT, pour qui la VAE peut ouvrir la voie vers le milieu ordinaire ou une évolution au sein de l'établissement.
- Les demandeurs d'emploi et toute personne justifiant d'une expérience en lien avec la certification.
Les étapes d'une VAE
- S'informer et choisir sa certification sur France VAE, en vérifiant que son expérience correspond bien au référentiel.
- Être accompagné par un architecte accompagnateur de parcours, qui aide à construire le projet et à mobiliser les financements.
- Rédiger son dossier en décrivant précisément ses activités et les compétences mobilisées. C'est l'étape la plus exigeante.
- Compléter si besoin par des modules de formation courts lorsque certaines compétences manquent.
- Passer devant le jury, qui peut valider la certification en totalité, en partie, ou proposer un complément.
Des aménagements peuvent être demandés pour l'entretien avec le jury ou la constitution du dossier : temps supplémentaire, aide humaine, supports adaptés. Il est conseillé de les signaler dès le début de la démarche.
Pour préparer son dossier, il est utile de rassembler dès le départ les justificatifs d'activité (attestations, fiches de poste, exemples de réalisations) et de noter des situations de travail concrètes. Plus les exemples sont précis, plus le jury peut apprécier la réalité des compétences.
Le financement
L'accompagnement à la VAE fait partie des actions finançables par le CPF, alimenté de façon majorée pour les bénéficiaires de l'OETH (voir notre article CPF et handicap). Selon les situations, l'employeur, l'OPCO, France Travail ou l'Agefiph peuvent aussi intervenir. Le guichet France VAE oriente vers les financements mobilisables.
La RAE en ESAT : une première marche
Pour de nombreux travailleurs d'ESAT, se lancer directement dans une VAE peut sembler un grand pas. La reconnaissance des acquis de l'expérience (RAE) propose une démarche plus progressive. Elle permet de faire reconnaître des compétences professionnelles à partir de situations de travail réelles, avec des supports adaptés, et aboutit à une attestation de compétences.
Le dispositif « Différent et compétent » en est un exemple connu dans le secteur : il s'appuie sur les référentiels de diplômes existants et valorise les savoir-faire acquis en atelier devant un jury de professionnels. La RAE ne délivre pas de diplôme, mais elle a plusieurs effets positifs :
- elle renforce la confiance en soi et la fierté du travail accompli ;
- elle rend visibles les compétences auprès des employeurs potentiels ;
- elle peut constituer une étape vers une VAE ou une formation qualifiante.
Les moniteurs d'atelier jouent un rôle clé dans cette démarche, en aidant à décrire les tâches et à préparer la présentation. Pour en savoir plus sur leur rôle, consultez notre article sur la formation des travailleurs d'ESAT.
| RAE | VAE | |
|---|---|---|
| Résultat | Attestation de compétences | Certification (totale ou partielle) |
| Public | Principalement travailleurs d'ESAT | Tout actif justifiant d'une expérience |
| Démarche | Progressive, à partir des situations de travail | Dossier et jury selon le référentiel |
À retenir : depuis la réforme de 2022, la VAE passe par le guichet public France VAE, est accessible dès un an d'expérience et ouverte aux travailleurs d'ESAT. En ESAT, la RAE permet d'obtenir une attestation de compétences, souvent première étape vers la VAE.
Pour découvrir les autres dispositifs, rendez-vous dans notre rubrique Formation et handicap.
Questions fréquentes
Faut-il un niveau d'études minimum pour faire une VAE ?
Non. C'est l'expérience en lien avec la certification visée qui compte, et non le niveau scolaire.
Le bénévolat compte-t-il dans l'expérience ?
Oui, les activités bénévoles peuvent être prises en compte si elles correspondent aux compétences de la certification.
Que se passe-t-il en cas de validation partielle ?
Le jury indique les compétences restant à acquérir. Le candidat peut les compléter par une formation ou une nouvelle expérience, puis se représenter.